
Avant le geste, il y a l’élan.
Avant la forme, il y a l’accident. Je peins comme je respire : avec urgence, avec silence, avec cette tension féconde entre l’œil et la main. Chaque toile est une empreinte, une trace laissée par le dialogue entre le support et l’énergie du moment.
Mes racines bretonnes, ancrées à Perros-Guirec, nourrissent mon regard d’une force profonde et d’une palette de couleurs extraordinaires : les roses du granit, les bleus changeants de l’océan, les lumières mouvantes de la côte. Cette mémoire chromatique irrigue mon travail, même à distance, comme une source souterraine que j’effleure à chaque geste.
Installé à La Garenne-Colombes, je travaille au sein de l’atelier partagé Le Garage, un lieu vivant et inspirant mis à disposition par la mairie de Bois-Colombes pour valoriser la culture et l’art au cœur de la commune. Aux côtés de cinq autres artistes, j’y poursuis une recherche libre et intuitive, faite d’expérimentations et de confrontations bienveillantes.
Autodidacte, je ne revendique ni école ni dogme, seulement l’intensité du présent. Je compose des abstractions à partir d’empreintes, d’outils variés, de gestes spontanés. Pour moi, créer, c’est jouer avec la forme, laisser les accidents guider l’élan, accueillir l’inattendu comme révélateur de sens.
Dans mes œuvres, la peinture ne cherche pas à représenter : elle se présente. Elle devient surface vivante, illusion de profondeur, miroir d’un instant suspendu. Et dans cet instant, le style se forme — reconnaissable, singulier, habité.
Je peins comme j’écoute le monde : avec attention, avec vertige, avec cette discrète extase qui naît lorsque la beauté se dévoile sans artifice.